Milan Ollier, guitariste clermontois hors pair

Il fait partie de ces jeunes clermontois discrets, passionnés, modestes, qui nous embarquent dès les premiers accords dans leur univers… Milan Ollier s’est prêté au jeu des nos questions-réponses.

MilanTo-1Bonjour Milan, alors dis-nous… tu viens d’où ? (Et si tu n’es pas du coin, qu’est-ce qui t’amène dans nos contrées auvergnates ?)
Bonjour ! Je suis né à Arles il y a 20 ans, mais j’ai grandi en Auvergne, et j’habite aujourd’hui à Clermont-Ferrand.

Et sinon, tu fais quoi dans la vie ?
La guitare, et le jazz manouche avec, me passionnent et m’occupent depuis maintenant 5 ans. J’ai  récemment interrompu mes – courtes… – études universitaires en mathématiques pour pouvoir me consacrer pleinement à la musique. Je joue dans plusieurs formations de la région, et concerts, répétitions et travail personnel remplissent bien mes journées, et mes nuits !
Je dois également évoquer le jeu d’échecs, ma première passion, qui m’a toujours accompagné, bien avant la guitare. Même si je ne travaille plus et ne m’investis plus que très peu dans la discipline depuis que j’ai choisi de donner la priorité à la musique, je la pratique toujours, un peu en dilettante. J’aurais bien du mal à arrêter complètement, et les tournois occupent toujours une bonne partie de mes vacances.

Raconte-nous, pourquoi ces passions ?
Les échecs me sont arrivés un peu par hasard, vers mes 7 ans : j’ai d’abord suivi mon frère, motivé par un jeune animateur dynamique de passage en Auvergne… et ça m’a plu !
En ce qui concerne la guitare, j’ai commencé comme beaucoup de jeunes de 14/15 ans à faire quelques accords, sans trop me poser de questions… Puis j’ai découvert que j’aimais vraiment cet instrument, d’abord en écoutant le groupe Samarabalouf. Et de là on m’a orienté vers le jazz manouche, et je n’ai depuis que rarement lâché ma guitare…

Quels sont tes mentors ?
J’ai eu l’immense chance d’avoir un prof à mes débuts, pendant environ une année, qui m’a appris l’essentiel sur le jazz manouche et la manière d’approcher ce style, et fait prendre quelques bonnes habitudes sur la guitare.
J’ai aussi eu la chance et l’occasion, pendant des master-class, festivals, ou après des concerts, de jouer un peu avec quelques musiciens que j’admire, dont j’écoute les CD en boucle à la maison, c’est toujours très enrichissant, tous leurs conseils sont bons à prendre !

Et ton actu aujourd’hui, c’est quoi ?
Mon premier groupe, Zoltan of Swing, formé avec des potes de lycée en 2010, est toujours d’actualité ! Même si nos dates se font plus rares depuis 2 ans, pour cause d’éclatement géographique post-bac, c’est un plaisir toujours renouvelé de partager des moments aussi bien amicaux que musicaux au sein de ce groupe.
Mais la formation qui m’occupe aujourd’hui le plus, et ce depuis sa création fin 2012, c’est ToTrio ! Toujours du jazz manouche, j’y suis entouré de Kader Berkani à la guitare, et de Natan Vidal à la contrebasse, avec qui des projets sont en marche… Le nom du groupe vient des guitares « To » sur lesquelles nous jouons Kader et moi. Elles ont été réalisées par le luthier Rémi Petiteau, installé dans l’Allier, et je vous invite au passage à découvrir son beau-travail !
Et pour finir je fais également partie des Swing Délices, où guitares et contrebasse se mêlent à la trompette, autour d’un répertoire entre jazz manouche et Nouvelle-Orléans.

Quels sont tes projets pour l’avenir, tu nous en parles ou c’est secret ?
Oh non, rien à cacher !
Bien au contraire même, puisque nous travaillons en ce moment avec ToTrio en vue de l’enregistrement d’un CD, le premier pour le groupe, et pour ma part également. Une dizaine de titres, entre morceaux du répertoire jazz manouche, reprises plus inattendues et compositions. Si tout se passe bien, il devrait voir le jour tout début 2015. J’espère donc vous en reparler très bientôt ! A travers les petites ficelles, mais aussi sur le futur site du groupe, dont la création devrait se jumeller avec celle du CD.

Quel est ton musicien fétiche ?
Vraiment difficile de ne retenir qu’un nom… Impossible même !
Sans parler de Django Reinhardt bien sûr, qui est un cas à part. Disons, au risque de ne pas être original pour un guitariste… Bireli Lagrene ! J’ai entendu dire, et je tiens pour vrai, qu’il faut 3 choses pour être un bon musicien, et plus précisément un bon improvisateur : le son, les idées –mélodiques, harmoniques – et le swing – le placement rythmique qui va bien ! Eh bien j’ai l’impression que le guitariste suscité sait être bien loin de tout le monde dans ces 3 domaines, aussi bien sur guitare manouche, que sur guitares électriques en tous genres… et même à la basse ! Il a effectivement touché à bien des genres de musique, et c’est sans doute ce que lui a permis de donner un souffle nouveau au jazz manouche, qui jusque là s’égarait assez peu de la difficile tâche du recopiage du plus pur style Django.
Et j’ai une affection toute particulière pour les musiciens dits de la nouvelle génération du jazz manouche, avec en tête Les Doigts de l’Homme, Adrien Moignard, Sébastien Giniaux, entre autres. Elle éclot justement dans les années 2000 après le Gipsy project de Bireli, et elle continue d’enrichir ce style, de le faire évoluer, tout comme Django lui-même le faisait avec sa musique tout au long de sa courte vie.

Tu nous fais partager un morceau que tu apprécies particulièrement ?
Avec plaisir ! Encore une fois… le choix est difficile ! Mais allez, comme je n’ai parlé que de guitare et de jazz manouche jusque là, et que fort heureusement il n’y a pas que ça dans la vie, j’ai choisi ! Et ça se passe de commentaires

Un grand merci à Milan d’avoir pris un moment pour se livrer, dans un emploi du temps bien chargé ! Ouvrez grand vos oreilles,  gageons que ce musicien auvergnat et les groupes auxquels il appartient seront rapidement connus au-delà de nos frontières…