« Le surréalisme, c’est moi »

Salvador Dali a investi Beaubourg depuis novembre 2012 jusqu’en mars 2013, et ce n’est que justice car il n’y avait jamais eu de rétrospectives de grande envergure depuis son décès en 1989. Bon par contre, il faut être patient…

… Car il y a foule pour aller admirer montres molles ou autre Grand masturbateur. Et du coup, c’est nocturne tous les soirs pour nos amis les parisiens.

« L’unique différence entre un fou et moi, c’est que moi je ne suis pas fou. », disait Dali. Peut-être pas fou, mais sacrément inspiré et habité, en tout cas. C’est en tout ce que s’attachent à montrer les quelques 200 œuvres regroupées pour l’occasion. Artiste prolifique et ultra créatif, Dali s’est essayé à la peinture, au dessin, à la photo et autres installations rocambolesques. J’en veux pour preuve le salon portrait de Mae West, constituée de tableaux-yeux, cheminée nasale, bouche canapé, dans lequel on peut s’immortaliser.

Ce qui est extraordinaire, c’est qu’on peut passer un temps infini devant chaque tableau, ou y revenir 36 fois, et ne jamais voir la même chose et découvrir de nouveaux éléments. Minutie des détails et éléments récurrents : contraste dur / mou, sexualité, fourmis, Gala (sa muse), trompe l’œil. Chaque œuvre mérite un commentaire éclairé d’un historien de l’art, a minima pour replacer les œuvres dans le contexte historique (guerre civile espagnole, seconde guerre mondiale), culturelle (sa position par rapport aux différents courants) ou encore personnelle. Ne serait-ce également pour plonger dans sa méthode paranoïaque-critique et en comprendre les tenants et aboutissants !

La scénographie privilégie de (trop ?) grands espaces entrecoupés de petits îlots présentant des œuvres plus petites, qui cassent la chronologie et floutent la vision de l’artiste dans son époque. Ce qui reste en cohérence avec le personnage et immerge les visiteurs.

Dali, artiste démesuré, entier, attiré par l’argent et le pouvoir, méritait en tout cas amplement une telle exposition… Car Figueras, où se trouve son musée, ce n’est pas complètement la porte à côté !

Exposition du 21 novembre au 25 mars, Centre Pompidou, www.centrepompidou.fr