Le petit vélo fait son show

Continuons à parcourir la scène culturelle de l’agglomération clermontoise. Focus sur la programmation du théâtre Le Petit Vélo qui a rouvert ses portes au début du mois après 19 mois de fermeture.

Pour cette 30ème saison, l’équipe annonce « un programme qui questionne nos sensibilités et met à mal nos certitudes ».

Les 2 soirées suivantes ont particulièrement retenu notre attention :

Shut your mouth du collectif DRAO – 18 au 20 novembre – 21h
« En ce moment je ne t’aime pas, demain je te détesterai peut-être, ce qui ne m’empêchera pas de t’aimer dans une demi-heure et pour toujours ».
A travers ces mots, August Strindberg évoquait la frontière étroite entre amour et haine. Témoin des rapports conflictuels entre l’homme et la femme, elle est le lieu où ils se heurtent, s’étreignent, se narguent, rient ensemble… Elle est le terrain de jeu du diable. C’est cette frontière fragile qui est utilisée ici comme espace scénique.
Sur scène : 2 hommes et 2 femmes qui s’enchevêtrent, avec la danse pour principe d’étreintes et de luttes successives. On prend plaisir, au gré des interactions au sein du quatuor, à disséquer puis à observer l’intime, comme avec un microscope.

Shut your mouth

 

Apollinaire, de l’amour à la guerre – 19 et 20 mars 2015 – 21h
Wilhelm de Kostrowitzky, d’origine polonaise mais né à Rome, s’est fait un nom bien français avec 2 prénoms : Guillaume Apollinaire, immense poète au carrefour de la tradition et de la modernité, mais aussi journaliste, chroniqueur, critique d’art, directeur de revues littéraires.
Son oeuvre peut tenir lieu de journal de vie. Comme l’a écrit André Salmon, sans doute le meilleur ami de son vivant : « le mémorial des beaux instants de Guillaume Apollinaire est dans son oeuvre poétique ». De beaux instants, certes, mais souvent aussi un vécu douloureux : un étranger sans père, patriote engagé dès décembre 1914 pour n’être naturalisé que 2 ans plus tard, qui se proclamait « mal aimé ». Vérité ou image construite à dessein ? Quoi qu’il en soit, même au fond des tranchées, il continue d’écrire sa poésie tantôt régulière, tantôt libre, ouverte à l’interprétation et disposée à l’oralité. Fabrice Peronnaud et Arnaud Lauras font entendre ces écrits, avec, comme seuls instruments, leur voix, un peu de musique, et beaucoup de complicité.

Le Petit Vélo
10 rue Fontgiève – 63000 Clermont-Ferrand
04 73 36 36 36
Retrouvez toutes les infos sur le site du théâtre.

le petite vélo