Edward Hopper, au Grand Palais

Nos pérégrinations professionnelles nous ont conduites ce week-end à Paname, aux Thermalies (Carrousel du Louvre). Et finalement, nos pérégrinations personnelles nous ont amené à faire ce qu’on pourrait appeler « le marathon des expositions ». Et nous commencerons par….. Hopper !

Edward Hopper, Nighthawks, 1942, Friends of American Art Collection © Art Institute of Chicago

Depuis quelques mois, c’est l’Expo avec un E majuscule, celle dont tout le monde parle, celle que tout le monde encense. Un petit peu fofolles dans l’âme (et naïve aussi, on a cru benoitement les renseignements du grand palais), nous y sommes allées sans réservation (2 heures d’attente, nous avait-on annoncé). Bon, devant le fait accompli, les 2 heures d’attente se sont transformées en 4,5 h (arg), qui finalement sont tombées à 0 (youpi) grâce à un charmant monsieur qui nous a revendu ses places. Alléluia, à nous 3, Edward ! L’autre bonne idée aura été de télécharger l’audioguide sur iPhone, ce qui nous a permis de profiter pleinement de l’expo, sans compter que cela a un charme fou de s’isoler devant une œuvre en écoutant une douce suave tout vous expliquer.

Edward Hopper est un peintre et graveur américain (1882 – 1967), considéré comme l’un des représentants du naturalisme ou de la scène américaine, parce qu’il peignait la vie quotidienne des classes moyennes. Il a connu le succès tardivement (autour de 40 ans) et a conservé jusqu’à son triomphe, son travail d’illustrateur en agence. Sur l’ensemble de la carrière, il aura réalisé une centaine d’œuvres, quasiment toutes présentes au Grand Palais.

Le cheminement nous propose une avancée chronologique, nous permettant donc d’appréhender le processus de création de l’artiste. Les premières années regroupent les peintures réalisées lors de ses études et de ses voyages à Paris. Il a fait pas moins de 3 voyages en Europe et a été profondément marqué par la splendeur de ses bâtiments. (Il aura du mal à se ré-acclimater à l’Amérique). Il s’essaye également à la gravure (un peu par dépit, ses peintures n’explosant pas) puis passent aux aquarelles. Où il aura la bonne vision : alors qu’en Nouvelle Angleterre les artistes peignent les paysages maritimes, Hopper s’intéresse aux bâtisses. Riche idée : ses aquarelles lui ouvrent la voie du succès et de la consécration. S’ensuivent ensuite les intérieurs new yorkais et les mises en scène des relations entre les individus. Le cheminement nous permet de nous fondre dans  les thèmes récurrents de l’artiste : individus solitaires, train, attente, architecture… et de constater avec quelle maestria il maîtrise les techniques (peinture, gravure) mais surtout les angles de vue. Ses personnages également aux figures si marquées sont envoûtants.

On pourrait également vous parler de ses sources d’inspiration (Vermeer, Degas, Manet, etc.), qui il a inspiré (Hitchcock, Burton, Malick, etc.), de sa femme qui a été son unique modèle, de la simplicité de son trait restant en même temps très profond… Bref, on pourrait en écrire une tartine. Vous l’aurez compris : nous avons plongé avec un plaisir non dissimulé dans les œuvres d’Edward Hopper.

Soir bleu, Edward Hopper