Clémence Moulinou, Cuisinière Tout Terrain

Soyons honnêtes : les petites ficelles sont gourmandes. Alors quand on nous prend par les sentiments avec des tapas festives aux fromages d’Auvergne, on dit Banco ! Et on se dit surtout que l’auteur de ces petites merveilles, Clémence Moulinou, mérite de vous être présentée !

Photo: Marielsa Niels


Bonjour Clémence, alors dis-nous… tu viens d’où ? (Et si tu n’es pas du coin, qu’est ce qui t’amène dans nos contrées auvergnates ?)
Bonjour les petites ficelles ! Pour moi, pas grand-chose d’original, je suis clermontoise, née à Clermont et revenue à Clermont bien vite après mes études, parce que Paris et Madrid, c’est bien joli, mais ça manque de pâturages et de volcans !

Et sinon, tu fais quoi dans la vie ?
Je suis « cuisinière tout terrain », comme dirait Sonia Lopez ! D’un côté je suis chef à domicile et donne des cours de cuisine pour les particuliers, et de l’autre, je crée des animations culinaires et écris recettes et articles pour des associations, des entreprises, et des artisans de bouche.
J’ai aussi une émission de radio sur les producteurs locaux sur RCF Puy de Dôme, et suis web-community manager pour MB Arome, les créateurs des Brum’.

C’est très bien çà… mais qu’est-ce que tu faisais avant ?
J’ai appris deux métiers-passions : celui de comédienne au Cours Florent à Paris et celui de cuisinière, à l’Institut des Métiers à Clermont-Ferrand. Le lien entre les deux ? Avec mes amis de toujours, je voulais créer un lieu polyvalent où nourrir à la fois son estomac, ses yeux, et son esprit et garde d’ailleurs toujours dans un coin de ma tête cette idée, pour lorsque mes filles seront plus grandes !…. J’ai toujours été très gourmande, curieuse et suis très exigeante avec moi-même. Alors j’ai passé un BEP et un Brevet Professionnel de Cuisine en alternance dans différents restaurants, dont l’Astrolabe, Le Magnolia à Riom et le Grand Hôtel Prouhèze en Lozère.

Dis-nous Clémence, pourquoi tu as lancé ton activité ?
J’ai toujours été très indépendante. J’aime la cuisine mais le travail en brigade, c’est très difficile à tenir, surtout quand on a aussi envie d’avoir des enfants et de les voir un minimum !
Je suis passée en restauration collective, mais j’avais aussi beaucoup de mal avec les seaux de mayonnaise industrielle et autres produits prêts à l’emploi… Le côté créatif me manquait, même si, très sincèrement, je trouve que la collectivité a été une excellente école. Alors, j’ai commencé à écrire mon blog de cuisine « Envies et Délices ». Et puis, avec mon émission de radio, je me suis sensibilisée de plus en plus à une alimentation locale, de saison, saine et goûteuse. J’ai ainsi rencontré l’association Slowfood Volca’Niac, dont je suis devenue membre active.
Il fallait que je fasse quelque chose de toutes ces expériences, que je me crée mon métier. J’ai d’abord songé à un traiteur bio pour petits et grands : proposer des petits pots locaux et une alternative au sandwich sous blister… Mais je manquais de fonds…
Je me suis donc concentrée sur les demandes que l’on me faisait : donner des cours, venir cuisiner à domicile, fournir du contenu gourmand à des sites marchands.

Et ton actu aujourd’hui, c’est quoi ?
Mon actu ? Ce sont mes clients qui me la font !
Sinon, pour les enfants, nous proposons avec La Boîte à Surpriz des stages de cuisine du 5 au 8 novembre : des produits sains, de vraies techniques de base, et beaucoup de fantaisie !
Il y a aussi des cours adultes qui se précisent, autour des repas de fêtes…
Et, je serai au Salon du Mariage au Novotel du 19 au 21 octobre pour présenter mes services.
Je continue à publier des recettes sur mon blog et prépare ma prochaine émission « La Table de Clémence » sur RCF Puy de Dôme, le 6 novembre à 11h03…
Comme je vais à Turin au « Salone del Gusto » organisé par Slowfood du 24 au 29 octobre, je crois que je ne manquerai pas de matière

D’accord d’accord… Et tes projets pour l’avenir, tu nous en parles ou c’est secret ?
Rien de secret ! Mais c’est une question difficile pour moi ! Je suis une passionnée et une femme de cœur. Ce sont les rencontres qui dessinent mon avenir, et actuellement, elles sont nombreuses et tellement enrichissantes ! On est en train de se créer avec des personnes comme Sonia Lopez, de Vin de Presse, tout un réseau informel de professionnels amoureux des belles et bonnes choses.
Je peux vous dire mes envies actuelles, ça oui : j’espère multiplier les animations culinaires pour mettre en avant des produits coups de cœur, transmettre à la fois des techniques mais aussi le goût du bon, le goût du vrai, dans la bonne humeur évidemment !
Et puis j’avoue, j’adorerais avoir plus souvent l’occasion de rencontrer puis de présenter des personnes passionnantes : des artisans de bouche, des producteurs de talent, des gourmands et des idéalistes. Ecrire, « réseauter », animer, toujours côté cuisine bien entendu !

On aime bien ton blog. Tu nous en parles ?
Mon blog, c’est un mélange d’humeurs et de recettes.  Je l’ai commencé il y a 4 ans, lorsque j’attendais ma première fille : à l’époque, ça parlait donc aussi des produits interdits, des envies de femme enceinte, j’avais besoin d’un espace pour m’exprimer un peu… Maintenant, je suis plus centrée sur les produits locaux, sur les produits bios, mais pas que. Les anecdotes personnelles deviennent moins fréquentes. Au fil des saisons, je « crée » ou plutôt mets à ma sauce des recettes plus ou moins compliquées. Il paraît qu’un grand cuisinier ne crée que 2 recettes dans sa vie… Alors je reste très humble quant à l’originalité de ce que je propose !

Clémence, au secours, je suis nulle en cuisine… Quel est le premier conseil qui te vient à l’esprit et que tu aurais à me donner ?
Dédramatiser ! La cuisine, c’est du plaisir et du partage. Je comprends parfaitement ceux qui trouvent que c’est du temps perdu, chacun son truc, mais ce n’est pas une raison pour acheter des plats tout faits, des trucs sans goût mais pas sans couleur, bourrés d’OGM et d’additifs !
Se concentrer sur de bons produits, pas forcément chers, non transformés : c’est la clef ! Avec de bons ingrédients, on ne peut faire que du bon!
Et puis je ne vais pas vous donner tous mes trucs maintenant : on verra ça chez vous, pour un cours ou un chef à domicile !

Et sinon pour finir, plutôt sucré ou plutôt salé ?
Personnellement, plutôt salé… Enfin sucré-salé, de façon subtile : marier les fruits et les légumes d’une même saison… Rectifier l’acidité d’un trait de sirop d’agave ou d’érable, lier les saveurs avec une cuillère de purée d’amandes… Je connais mes classiques, adore voyager chez mon épicier et craque sur un beau morceau de viande ou une daurade qui me fait les yeux doux !
Mais en même temps, j’ai commencé mon apprentissage dans les jupes de ma mère par les desserts, et le petit côté précis, rigoureux de la pâtisserie n’est pas pour me déplaire non plus. Il y a un petit côté magicien du quotidien… Par contre, il ne faut pas que ce soit trop sucré ou trop lourd : la crème au beurre, les décorations fluo et les mousses collées à la gélatine, ce n’est définitivement pas pour moi !

Le blog de Clémence : http://www.latabledeclemence.fr/
Le site de Slow Food : http://www.slowfood.fr/volcaniac